Qu’est-ce que le marketing d’influence ? (guide)

En 2019, Relatable, une agence que j’apprécie et estime, a sondé près de 350 équipes marketing en Europe et aux États-Unis. 78% des équipes interrogées prévoyaient un budget dédié au marketing d’influence. En parallèle, le président d’Estée Lauder, Fabrizio Freda, monte sur scène pour annoncer ses résultats. Le groupe gagne 9% d’année en année depuis 2017.

L’explication d’après son PDG ? 75% de son budget de communication a été attribué au marketing d’influence. Le marketing d’influence convainc par son efficacité.

Pourtant, il reste pour de nombreuses entreprises un levier secondaire car incompris. L’an dernier, quand je travaillais encore chez Waldo, je proposais l’un des influenceurs les plus appréciés auprès des 14-18 ans. Plusieurs millions d’abonnés fidèles. Un taux d’engagement de 4 à 6% supérieur à la moyenne. L’équipe marketing est emballée. L’influenceur adore la marque et possède un concept de vidéo parfait pour notre communication. Le budget est en-deçà de l’estimation initiale et pourtant, notre campagne n’a pas été retenue. Pourquoi ? La direction n’était pas convaincue par le marketing d’influence. La marque s’est alors retournée vers de l’achat média plus classique et a obtenu des résultats largement inférieurs à nos prévisions.

Les mesures comme l’EMV, le taux d’engagement ou le reach sont trop éloignés du lexique traditionnel attribué aux objectifs marketing (notoriété, parts de marché, ventes). Les contenus proposés par les influenceurs, trop décalés ou amateurs, sont difficiles à amener voire à comprendre. Enfin, le manque d’authenticité des influenceurs, le flou autour des rémunérations et le manque de cadre de la part des plateformes – Google, Facebook entre autres – effraient.

J’ai quitté l’agence Waldo pour me concentrer sur la création de communautés auprès des marques. Pour autant, je suis toujours convaincu par ce levier, continue à le recommander et à l’utiliser car complémentaire dans de nombreux cas. Pour créer ce guide et apporter la vision la plus complète possible, j’ai consulté plusieurs connaissances, expertes sur le sujet. Je publierai prochainement leurs témoignages sur Linkedin et YouTube. En attendant, ensemble, essayons d’y voir plus clair, commençons par le commencement : qu’est-ce que le marketing d’influence ?

Ma première campagne d’influence au sein de Kindai (2017) – Terre de Picon – Photos par Les Bandits et Le Mâle Saint

Marketing d’influence, quelle définition ?

Définition : L’influence marketing est une collaboration entre un influenceur et une marque à des fins de communication.

Concrètement, comment ça marche le marketing d’influence ?

La collaboration est régie par un contrat. L’influenceur s’engage à parler de la marque ou de ses produits en échange d’une gratification. La plupart du temps, les influenceurs sont payés et ont été choisis avec précision pour répondre à un objectif marketing.

La collaboration est efficace car la parole des l’influenceur est valorisée par sa communauté. Elle lui fait confiance.

Est-ce que tous les influenceurs possèdent le même pouvoir de recommandation ? Non, certainement pas. D’où l’importance de bien les choisir. Est-ce que tous les influenceurs possèdent une grande communauté ? Non plus. Alors qu’est-ce qu’un influenceur et comment sélectionner le bon pour sa marque ?

Qu’est-ce qu’un influenceur ?

Un influenceur est une personnalité sur les réseaux sociaux (youtubeur, instagrammeur…). Les influenceurs sont comparables aux célébrités, à la différence qu’ils ont construit leur communauté en s’exposant en ligne plutôt que sur scène ou sur les plateaux. Leur popularité est plus ou moins grande. Cependant, tous servent de tiers de confiance entre la marque et la communauté.

Cette confiance est acquise par le biais de contenus (photo, vidéo, article…) publiés sur internet. Ces contenus ont nourri une relation, au fil du temps, créant une proximité entre l’influenceur et ses abonnés.

Le profil type d’un influenceur

Quand on parle d’influenceur, on pense généralement à des personnes suivies par plusieurs milliers d’abonnés. D’après, la dernière étude Reech – les influenceurs et les marques 2020 – les influenceurs ont en moyenne 50 000 followers. La majorité publie du contenu principalement sur Instagram (96%) et ne vivent pas de l’influence. Ils font cela par passion, en parallèle d’une activité principale. 86% des influenceurs interrogés gagnent moins de 5000 euros par an.

J’ai eu l’occasion dernièrement de discuter avec Hakim Aoudj, streamer de jeux-vidéos, +10 000 abonnés sur twitch et +60 000 abonnés sur YouTube sous le pseudo tvshini. C’est aujourd’hui son activité à plein temps, mais ça n’a pas toujours été le cas. Il m’a raconté son parcours.

J’ai fait des études de cuisine. La cuisine reste mon métier préféré. Si ça devait s’arrêter, je retournerais en cuisine. Au début, avoir la cuisine et Twitch en parallèle, c’était un équilibre. C’était très important de d’avoir mes moments en cuisine, pour pouvoir me plonger pleinement dans ma passion à côté : le stream et les vidéos.

Hakim Aoudj

Qu’est-ce que la Nano et Micro-influence ?

Aujourd’hui, il existe différentes catégories d’influenceurs. Les marques, de plus en plus, s’accaparent les services d’influenceurs plus petits : “monsieur et madame tout le monde” (les micro et nano-influenceurs). Ces derniers sont intéressants notamment pour des campagnes à l’échelle locale, pour générer de la preuve sociale. Ils s’apparentent aux avis clients avec un atout : une confiance et une crédibilité sur le sujet décuplée.

Soirée Micro-influence pour le Casino Partouche Le Lyon Vert – Waldo 2019 – Photos : Joaquim_ft, Lara_rm, Midmad.exe, Simon Vendeme

Pour aller plus loin, vous trouverez ci-dessous une nomenclature utilisée par la plupart des agences. Les catégories dépendent du nombre d’abonnées :

  • De 1000 à 5000 abonnés, on parle de “Nano-influenceurs
  • De 5000 à 20 000 abonnés, de “Micro-influenceurs“.
  • De 20 000 à 100 000 abonnés, d’influenceurs ou “Mid-tiers influenceurs“.
  • De 100 000 à 1M, de “Macro-influenceurs“.
  • Au-delà d’un million, on parle de célébrités ou de “Mega-influenceurs

Chaque catégorie possède ses avantages et inconvénients. Pour simplifier : les plus petits coutent moins chers et possèdent, pour la plupart, un meilleur taux d’engagement. Tandis que les plus populaires ont un moins bon taux d’engagement, mais touche une audience plus grande.

Quelle différence entre un influenceur et une égérie ?

Le terme influenceur est récent. Pourtant, il y avait bien des célébrités avant qu’on parle de marketing d’influence, n’est-ce pas ? Tout à fait. Seulement, les célébrités n’avaient pas la possibilité de prendre la parole aussi facilement. Ils devaient passer par un média traditionnel pour se faire entendre. Et de préférence à une heure de grande écoute. Aujourd’hui, la parole est libérée. Ils peuvent communiquer à travers les médias traditionnels et les réseaux sociaux, leurs réseaux sociaux.

Alors, comment différentier un influenceur d’une égérie ?

Un influenceur parle d’abord via ses réseaux sociaux. On le paye, la plupart du temps, pour qu’il s’exprime à travers ses propres canaux de communication. Il apporte de la proximité via un discours “d’humain à humain.”

Une égérie représente une marque et parle par le biais de la marque, via les canaux de communication de celle-ci (publicité, réseaux sociaux, blog, presse…)

Sundy Jules x Samsung

Cependant, il faut bien avouer que la ligne est de plus en plus floue. On entend régulièrement l’expression “influenceur égérie” de telle ou telle marque.

Comment choisir un influenceur ?

Le nerf de la guerre d’une campagne d’influence repose sur la sélection des influenceurs. Pour repérer les nouvelles pépites, il n’y a pas d’outil miracle, comme dans l’art ou le sport, il faut les repérer avant que tout le monde les connaissent. Personnellement, je crée régulièrement des vidéos sur YouTube et participe activement aux communautés d’entraides sur Facebook et Discord. Cela me permet de garder un contact direct avec les nouveaux créateurs.

Ensuite, il est possible de se créer une grille de lecture, pour déterminer l’influenceur adéquat pour sa campagne. Voici la mienne, elle est composée de 6 questions clés.

  1. Est-ce que l’influenceur correspond aux valeurs de la marque ?
  2. Est-ce que l’audience de l’influenceur est en accord avec le produit que l’on souhaite mettre en avant ?
  3. Est-ce que le taux d’engagement de l’influenceur est-il satisfaisant ? La moyenne est de 3%. Pour un mid-tiers, 5% c’est plutôt bien.
  4. Est-ce que l’influenceur à une audience suffisante par rapport à nos attentes ? (Quelle portée sur ses publications ?)
  5. Est-ce que l’influenceur est disponible sur la ou les plateformes souhaitées ? (au choix Instagram, Facebook, YouTube, Twitter, Tiktok…)
  6. Est-ce que l’influenceur a déjà réalisé une opération similaire à celle que l’on souhaite faire? A-t-il de l’expérience ? Les résultats étaient-ils satisfaisants ?

En complément, j’ajoute, si besoin, deux questions supplémentaires :

  1. Sur quelle plateforme se trouve le coeur de l’audience ? Il est toujours préférable de publier sur celle-ci. Par exemple : Instagram sert souvent de plateforme secondaire pour les YouTubeurs (influenceurs sur Youtube). L’audience n’est pas toujours celle que l’on attend notamment pour les influenceurs dans les canons de beauté actuels : les femmes sont suivis par une majorité d’hommes et les hommes par une majorité de femmes.
  2. Enfin, quel est le potentiel d’évolution de l’influenceur ? Un influenceur avec 35 000 abonnés en pleine croissance sera un bien meilleur investissement qu’un influenceur avec 50 000 abonnés dont la notoriété n’évolue presque plus.

Enfin, par expérience, les influenceurs les plus performants sont aussi les plus humbles. Ils sont foncièrement sympathiques et nous avons envie de passer du temps avec eux.

Pour aller plus loin : je vous invite à écouter le témoignage de Chrystelle Roy, responsable communication chez Schoolmouv. Elle a réalisé plusieurs campagnes avec des influenceurs très populaires (McFly & Carlito, Tibo Inshape, Ivan Bede, Mastu…). Au cours de son témoignage, elle nous délivre ses conseils sur la sélection des influenceurs, élément primordiale d’une bonne collaboration, selon elle.

Qu’est-ce que le taux d’engagement et comment le calculer ?

Le taux d’engagement se calcule de la manière suivante :

C’est la mesure de référence pour évaluer le potentiel d’un influenceur. En moyenne, les influenceurs possèdent un taux d’engagement entre 3% et 5% selon les plateformes (YouTube, Instagram..) Il permet de déterminer le niveau d’influence. On considère qu’un influenceur avec un fort engagement de la part de son audience est un influenceur influent.

Le marketing d’influence : pour quoi faire ?

D’abord, les influenceurs sont des créateurs de contenus. Ils possèdent un ton, une patte, des couleurs et peuvent répondre à un besoin de production.

Les influenceurs possèdent une personnalité. Ils sont signes d’innovation, de jeunesse, d’engagement, de valeurs… Associer une marque à un influenceur, c’est aussi s’associer à son image.

Enfin, l’influenceur possèdent une communauté. C’est un canal de communication efficace que ce soit pour faire connaitre une marque, amener du trafic ou vendre un produit.

Les 5 grands objectifs du marketing d’influence :

  1. Production de contenus
  2. Branding / Positionnement / Image
  3. Vente
  4. Notoriété
  5. Trafic

Quelques exemples d’opération de marketing d’influence.

J’ai choisi plusieurs campagnes auxquelles j’ai participé : Leclerc, Kingston, BSPP. Ce n’est ni pour me flatter, ni pour mettre en avant l’agence Waldo (dans laquelle j’ai travaillé), mais seulement pour pouvoir donner des chiffres plus précis sur l’opération.

Epidemic Sounds x Peter McKinnon

Peter McKinnon est un influenceur réputé pour la qualité de ses vidéos. Il fait des tutoriels pour apprendre la photo, la vidéo, la retouche photo et la post-production vidéo. Dans cette vidéo, il montre comment modifier le sound design d’une publicité peut drastiquement l’améliorer. Pour cette vidéo, il a choisi la dernière pub d’Omega en collaboration avec James Bond. Un concept à la fois divertissant avec un placement de produit finement amené.

Les retombées de la campagne sont faciles à mesurer. Epidemic Sounds a utilisé un lien tracké et une landing page, leur permettant de mesurer le taux de clics, le taux de transformation, le taux de conversion et le taux de rebond. Nous reviendrons en détail sur les mesures par la suite.

La brigade des Sapeurs Pompiers de Paris x Julien Fabro

Julien Fabro est connu pour son authenticité et sa créativité. Il aime le voyage et l’aventure. Les pompiers de Paris lui ont proposé un nouveau challenge : passer le test des pompiers de Paris. Un objectif double d’image et de notoriété : démontrer que le concours des Pompier de Paris est accessible à tous avec un peu de rigueur et d’entrainement.

Julien est parti en immersion au sein des pompiers de Paris pour comprendre les enjeux de ce test et transmettre les valeurs de la brigade. Il a fait 3 vidéos sur le sujet pour nous permettre d’entrer dans les coulisses des Pompiers de Paris. Les vidéos ont été accompagnée de +50 stories Instagram pour documenter ses entraînements sportifs. Au total : plus 200 000 vues uniques.

Kingston x Mon Petit Réflex

Comme nous avons pu le voir précédemment, l’influence n’est pas toujours une activité rentable. Au contraire, c’est une passion onéreuse (matériel, déplacement…) La collaboration la plus simple pour une marque : devenir partenaire. C’est à dire, financer les contenus en échange d’une courte annonce en début et/ou fin de vidéo. Ici Kingston a choisi la chaîne Mon petit reflex pour gagner en notoriété auprès des photographes amateurs.

Les retours de la communauté, sur ce format assumé, sont très positifs.

Par ailleurs, voici l’avis de Sylvain, auteur de la chaîne Mon Petit Reflex sur cette mécanique :

Photo.Leclerc x Studio Danielle

Photo.Leclerc a choisi Studio Danielle pour mettre en avant l’aspect loufoque de sa gamme de produits et attirer du trafic sur son site web.

Via une série de stories Instagram, Danielle réagit aux cadeaux offerts par son neveu Arthur. Les réactions permettent l’émotion.

La campagne génère + 380 000 vues en 24h et 8000 visiteurs sur le site via le lien en story.

Pour aller plus loin : Dans l’échange avec Myriam du blog Les Gens D’internet, nous discutons de quelques campagnes qui nous ont marqué cette année.

Le marketing d’influence : pour quelles entreprises ?

Quels secteurs d’activité pour le marketing d’influence ?

Si on peut trouver, aujourd’hui, des influenceurs dans presque tous les domaines – car tous les domaines possèdent des experts plus ou moins influents – tous ne sont pas prêts à vendre leur influence. C’est souvent le cas dans le B2B et dans les professions réglementées.

Le professeur Didier Raoult, connu de tous aujourd’hui, possède une influence non négligeable de part ses prises de paroles sur YouTube et dans les médias traditionnels. Cela ne signifie pas qu’il sera prêt à la monétiser en s’associant publiquement à une marque.

Ainsi, le marketing d’influence est majoritairement utilisé dans le B2C et marche particulièrement bien dans le retail ou la vente en ecommerce. Il n’est pas impossible de vendre un service, mais il faudra être être plus imaginatif dans notre mécanique.

Les secteurs phares : mode, cosmétiques, sport, voyage, jeux-vidéos, technologie, famille, food, culture…

Le marketing d’influence : à quelle échelle ?

Les influenceurs ont une influence à l’échelle nationale, car Internet n’a pas de barrière sur notre territoire. Les contenus sont donc visibles par tous. Dans le monde anglophone, l’influence s’étend à l’internationale.

Pour toucher une cible plus locale, il sera intéressant de collaborer avec des nano-influenceurs ou avec des blogs locaux (Par exemple : Une vie à Lyon)

Quel prix pour un influenceur ?

On a encore tendance à croire que le marketing d’influence est gratuit. C’est rarement le cas. Envoyer son produit ? faire un cadeau ? Ils les apprécient, mais en reçoivent beaucoup (trop). Ils ne peuvent pas se permettre d’en parler à chaque fois et ne se rémunèrent pas avec. 😜

Alors qu’en est-il ? Les prix varient pour chaque influenceur selon plusieurs critères. En voici quelques uns.

L’audience

Combien de personne allons-nous toucher grâce à cette collaboration ? Les influenceurs font varier leurs prix à chaque fois que leur communauté grossisse.

En 2019, Kolsquare avait fait une étude (ci-dessous) pour aider les marques à calculer le prix d’un influenceur en fonction de son audience. Je suis plutôt d’accord avec les chiffres affichés 👍

Cependant, attention il ne faut pas se fier seulement au nombre d’abonnés. D’abord, parce qu’il existe des “fake-influenceurs“. Vous pouvez les démasquer avec un outil comme Ninjalytics ou Hypeauditor. Ensuite, parce que les influenceurs vont toujours essayer de valoriser leur nombre d’abonnés. Cependant, il y a une subtilité : le nombre d’abonnés n’est pas équivalent à l’audience réelle. Tous les abonnés de Squeezie – un YouTubeur Gaming – ne le regardent pas tous les jours. Ce n’est pas parce que je suis abonné à une salle de sport que j’y vais chaque semaine 😉. C’est pareil avec les influenceurs.

Pour la calculer l’audience réelle par publication, regardez la portée moyenne ou le nombre de vues moyen.

L’engagement.

Tous les influenceurs ne se valent pas. Il faut aussi regarder l’engagement. Un abonné avec un meilleur engagement peut coûter plus cher, mais sera aussi plus rentable. Une forte audience sans engagement est inutile. L’engagement permet de mesurer approximativement l’influence de l’influenceur.

Un instagrammeur de 20 000 abonnés avec un taux d’engagement >15% sera plus intéressant qu’un instagrammeur avec 50 000 abonnés et un taux d’engagement de ~3%.

Les coûts de production.

Enfin, il faut prendre en compte le coût et le temps de production et de post-production des contenus. Néanmoins, une meilleure qualité de production ne signifie pas toujours un meilleur contenu, un meilleur engagement et de meilleurs résultats. En revanche, ça coûte plus cher.

Par ailleurs, pour mesurer la qualité d’un contenu vous pouvez regarder le taux de rétention ou de complétion (notamment pour une vidéo ou un article).

Faut-il laisser l’influenceur libre de raconter ce qu’il veut ?

C’est normal de ne pas comprendre ou même de ne pas apprécier le contenu d’un influenceur. Nous ne sommes pas sa cible. Personnellement, je préfère lire un bon roman (Paris est une fête, par exemple) qu’écouter Sundy Jules pendant 20 min. Mais je respecte ses créations et son talent. Capter l’attention d’une foule aussi large demande du talent !

Alors oui, je pense qu’il faut laisser un maximum de liberté aux influenceurs ! En revanche, je ne dis pas de payer un influenceur en ayant une confiance aveugle en son travail. Je demanderai toujours un droit de regard avant la publication. Cependant, dans 90% des cas, ce droit de regard doit mener à des retouches mineures.

L’influenceur connait son art et son audience. Je suis partisan de le laisser faire ce qu’il sait faire : animer sa communauté. Si notre sélection est bonne, notre brief clair, alors il n’y aucune raison que ça se passe mal.

Que doit-on mettre dans le brief influenceur ?

Le brief doit comprendre à minima deux éléments :

  1. La deadline : ce n’est pas la date de publication du contenu, mais la date à laquelle le contenu doit être prêt pour être publié.
  2. L’objectif : quel est l’objectif derrière cette vidéo.
  3. Un appel à l’action clair : c’est important d’indiquer clairement le message qu’on souhaite qu’il communique. “Cliquer sur le lien dans la description” ce n’est pas pareil que “rendez-vous sur blabla-biduletruc.fr”.

De manière générale, il est bon de donner à l’influenceur un maximum de contexte. Le contexte permet de comprendre les enjeux et d’impliquer l’influenceur.

Comment mesurer les retombées d’une campagne d’influence ?

L’influence marketing se comporte comme l’achat média. On mesure la notoriété (impression, appréciation…), le trafic, le nombre de clics et le taux de conversion.

Mais comme l’achat média, le marketing d’influence demande parfois d’itérer : de multiplier les opérations pour comprendre quels sont les influenceurs performants selon sa cible et son secteur.

Vous avez une boutique en ligne.

Le marketing d’influence n’est pas compliquer à mesurer. De plus, les influenceurs sont très doués avec les chiffres 😉. Vous avez besoin du nombre d’impression ? de la portée ? demandez leur ! Ils savent très bien maniés leurs dashboards.

Pour suivre le nombre de clic, vous pouvez utiliser un simple lien bit.ly.

Pour calculer le nombre de ventes, vous pouvez mettre en place des liens spéciaux avec des utm ou des moyens d’affiliation avec des codes promotionnels par exemple.

Pour calculer le taux de transformation : trafic/ventes x 100.

Enfin, si vous souhaitez aller plus loin, vous pouvez créer une Landing Page spécifique à chaque opération. C’est la stratégie utilisée par Epidemic Sounds et Schoolmouv.

Vous ne maitrisez pas la chaîne de distribution.

Si vous êtes dépendants d’un distributeur, nous passerons par des phases de tests : pre-test et post-test. Un pre-test 4 à 6 semaines avant la campagne. Un post-test 4 à 6 semaines après la campagne. Les tests seront à ajouter au budget.

Lors de ces tests, vous pouvez évaluer plusieurs critères comme la notoriété, la préférence et les habitudes de consommation.

Pour les réaliser, vous pouvez passer directement par l’influenceur via les outils de sondage des réseaux sociaux (YouTube, Instagram, Twitter…) ou via de l’achat média puis pondérer les résultats en fonction de l’audience de l’influenceur choisi.

Concrètement ?

Dans une première partie du sondage, on demande des informations socio-démographique sur le sondé (âge, sexe, localisation).

Dans la seconde partie, on lui propose un panel de marque (vous + vos concurrents), on lui demande :

  • S’il connait (oui ou non) chacune de ces marques.
  • De classer les marques de 1 à 5.
  • Enfin d’indiquer la marque qu’il achète le plus souvent / qu’il pourrait acheter dans les prochaines semaines.

Ainsi, on peut comparer les tests et évaluer l’efficacité de la publicité (avant / après).

Pour aller plus loin : Stephane Bouillet, fondateur d’Influence4you, explique en profondeur ses méthodes pour mesurer les retombées d’une campagne, même lorsqu’elle n’est pas 100% digitale, dans son nouveau livre Le marketing d’influence pour les CEO.

Comprendre et utiliser l’EMV pour mesurer une campagne d’influence.

En influence marketing, on parle souvent d’EMV pour Earn Media Value. L’EMV permet de comparer le prix de notre campagne d’influence à une opération média traditionnelle (exemple : la publicité facebook). Pour calculer l’EMV, on utilise l’index d’Ayzenberg. Concrètement ? L’EMV sert à savoir si notre campagne nous aurait coûté plus ou moins cher en payant de la publicité pour la même visibilité / le même engagement.

Si l’EMV est supérieur au coût de votre campagne, vous avez fait des économies. (facile)

Influence4you a créé un outil pour calculer son EMV : ici.

Personnellement, je ne suis pas un grand fan de l’EMV comme outil de mesure, car il ne tient pas compte du “pouvoir de d’influence” d’un influenceur. Une impression par le biais d’un influenceur n’équivaut pas une impression publicitaire classique.

Pour aller plus loin : vous trouverez dans cette discussion, avec Alexis Pineaud, président fondateur de l’agence Waldo, notre avis respectif sur l’EMV, ainsi que la vision d’Alexis sur le travail de reporting lors d’une campagne d’influence. C’est la dernière interview de ce guide. J’ai partagé ces dernières années avec Alexis, à travailler sur l’influence. Elle vient, comme un symbole, clôturer une belle aventure.

En résumé : 11 clés pour créer une campagne d’influence marketing performante.

  1. Définir son objectif et ses KPIs : améliorer son image de marque (KPIs : taux d’engagement et préférence de marque)? développer sa notoriété (KPIs: portée et impressions)? conversion (KPIs : taux de conversion, nombre de vente)? produire des contenus? (KPI : taux d’engagement)
  2. Faire une veille des influenceurs dans notre secteur. (Minimum 5 à 10 influenceurs) Comment les trouver ? Commencez par en suivre quelques uns sur Instagram ou Youtube et consultez les recommandations pour trouver des influenceurs similaires.
  3. Faire une shortlist des influenceurs qui pourraient correspondre à notre campagne.
  4. Contacter le ou les influenceurs, faire connaissance et s’assurer que nos valeurs soient alignées. Tous les influenceurs ont une adresse email professionnelle disponible sur leur profil.
  5. Définir avec lui une mécanique possible (placement de produit, annonce, jeu concours, swap, review de produit, immersion ou reportage…)
  6. Briefer clairement l’influenceur sur vos objectifs marketing. N’hésitez pas à lui donner un maximum de contexte : lui donner les points à mettre en avant, expliquer les autres leviers utilisés dans votre campagne, les autres influenceurs contactés, la deadline… Cela l’aidera dans sa création.
  7. Laisser l’influenceur libre de réaliser le contenu.
  8. Passer en revue le contenu puis planifier la publication avec l’influenceur. Il a souvent un horaire de publication privilégié (en tenir compte).
  9. Une fois publiée, n’hésitez pas à remercier l’influenceur sur vos canaux de communication et repartager la publication de l’influenceur en le mentionnant.
  10. Toute les 24h, mesurez les retombées : impressions, nombre de clics, trafic, téléchargements, ventes…
  11. Collaborez avec les mêmes influenceurs sur le long terme. (Quand ça marche bien) C’est efficace et donne de la cohérence à votre discours de marque.

FAQ Marketing D’influence

Est-ce intéressant de faire une campagne d’influence si mon entreprise n’est pas sur les réseaux sociaux ?

Comme pour une publicité à la TV, si vous avez l’opportunité de le faire et si c’est pertinent par rapport à votre cible, pourquoi ne pas le faire ? Parce que vous n’avez pas de chaîne TV ? ça n’aurait pas de sens.

Ne pas avoir de compte sur Instagram ou YouTube ne vous empêchera pas de faire des ventes.

L’objectif n’est pas de siphonner la fan base de l’influenceur.
Avoir une forte audience n’est pas une fin en soi, même si cela a de nombreux atouts.

Marketing d’influence ou facebook ads ?

Tout dépend de votre produit et du contexte. Personnellement, je recommande : (1) de tester les deux, (2) d’associer l’influence à différents leviers (publicité facebook, adwords, retargetting…)

Quelques influenceurs à recommander ?

– Casey Neistat (mon préféré !)
– Charli D’Amelio : elle cartonne en ce moment (100 M d’abonnés sur Tiktok, c’est dingue)
– Le Mock : pour les fans de littérature
– Marine Leleu : pour les sportifs
– Wiloo : pour comprendre le foot en profondeur
– Julien Fabro : pour les images

L’influenceur doit-il publier sur ses réseaux sociaux ou la page de la marque ?

L’influenceur aura toujours plus d’influence en publiant sur ses propres canaux de communication, car il s’exprime directement à sa communauté. Ainsi la confiance est décuplée.

Dans le cas ci-dessous, sur la publication de la SNCF, Benjamin Verrecchia est loin de son taux d’engagement habituel. A l’inverse, le même contenu publié sur sa chaîne personnelle a fonctionné correctement. 

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